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Réalisé par Stephen Chbosky, Wonder est une adaptation d'un livre de R.J. Palacio qui s'est vendu à plus de cinq millions d'exemplaires. © Metropolitan Film Export

Wonder, du cinéma (trop) pavé de bonnes intentions

Adaptation d’un best-seller pour adolescents, Wonder évoque le quotidien d’Auggie Pullman souffrant de malformation cranio-faciale. Éloigné du cursus scolaire classique en raison de sa maladie, le jeune garçon fait sa première rentrée. Ce passage initiatique va le confronter au regard des autres élèves, pas toujours tendres avec son apparence. Une variation intéressante autour du handicap, hélas noyée sous un déluge de bons sentiments et de pensées positives.

Passionné d’astronomie, Auggie Pullman, dix ans, se promène souvent avec un casque de cosmonaute. Pour avoir la tête dans les étoiles, mais aussi pour cacher ce qui fait sa différence. Le jeune héros de Wonder souffre en effet depuis sa naissance du syndrome de Treacher-Collins, une maladie génétique se manifestant par des malformations du visage. Élevé dans un environnement ultra-protecteur et bienveillant, le jeune garçon effectue sa première rentrée des classes. Mais est-il prêt à affronter la méchanceté de ses camarades ? Surtout qu’en plus d’être différent physiquement, Auggie se révèle être un brillant élève.

Choisir la bienveillance

Réalisé par Stephen Chbosky, auteur du film Le Monde de Charlie, touchante chronique autour de l’adolescence, Wonder est une adaptation d’un livre de R.J. Palacio qui s’est vendu à plus de cinq millions d’exemplaires. Aux États-Unis, ce best-seller a ouvert la voie à une campagne de sensibilisation au harcèlement scolaire baptisée Choose Kind (NDLR : Choisir la bienveillance). L’intention est louable. Mais est-ce seulement de complaisance dont a besoin le jeune Auggie pour s’assumer et trouver sa place  ?

Beaucoup de personnes atteintes de maladie cranio-faciales se sont, semble-t-il, reconnues dans le personnage principal de Wonder. En France, le film a reçu le soutien de l’Association ANNA (Association d’aide aux personnes atteintes d’un handicap esthétique congénital). Wonder aidera peut-être des enfants à mieux accepter la confrontation au regard de l’autre souvent rétif à la différence.

Une adaptation lisse et larmoyante

Mais, on aurait aimé que pour raconter tout cela le film use moins de ficelles grossières. Que Wonder échappe à la caricature de comédie dramatique dont on ressort les yeux – obligatoirement – humides et un peu en colère. À la fois désolée d’être tombée dans le panneau et forcément déçue qu’un tel sujet se trouve affadi par une adaptation cinématographique lisse et larmoyante.

Car Wonder aborde des questions qui parleront à ceux concernés par le handicap quel qu’il soit : l’oubli de soi quand on est parent d’un enfant porteur d’un handicap, la place des autres membres de la fratrie, la surprotection maternelle. Autant de questionnements qui rendent, par moment, cette histoire foncièrement crédible. Claudine Colozzi

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