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Jake Gyllenhaal campe le rôle de Jeff Baumann, victime des attentats de Boston en 2013. © Metropolitan Film Export

Stronger : héros handicapé malgré lui

En salles ce mercredi 7 février, Stronger raconte l’histoire vraie de Jeff Bauman, une des victimes des attentats de Boston en 2013. Au-delà d’une énième, et pas très réussie, évocation d’un homme ordinaire devenu un héros américain, ce film montre surtout les étapes de la reconquête de son propre corps après une double amputation. En oscillant entre pathos et justesse.

Le 15 avril 2013, deux bombes explosent près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston. Parmi les blessés, Jeff Bauman, un jeune homme de 27 ans. Venu encourager son ex-petite amie marathonienne, Jeff perd ses deux jambes dans cet attentat. Malgré le choc, il permet d’identifier l’un des deux hommes soupçonnés d’avoir placé les explosifs.

Du coup, il devient rapidement le symbole de Boston Strong, la devise de la ville lancée suite aux attentats. Stronger raconte l’année qui a suivi ces événements tragiques durant laquelle Jeff Bauman a dû se reconstruire.

Jeff Bauman et Jake Gyllenhaal ont passé du temps ensemble lors du tournage du film. © DR

Hollywood et le culte des (super)-héros

Aux États-Unis, le cinéma sert souvent à exorciser les vieux démons et surtout à produire des films qui valorisent le patriotisme américain. Hollywood a le culte des (super)-héros. Surtout si ceux-ci n’étaient pas destinés, a priori, à endosser le costume. Jeff Bauman est de ceux-là.

Pourquoi s’est-il trouvé à quelques mètres des bombes ? Pourquoi a-t-il survécu ? Comment a-t-il gardé sa lucidité, malgré ses jambes arrachées, pour reconnaître l’un des auteurs de l’attentat ? Autant de questions qui, mises bout à bout, suffisent à donner une stature à un modeste employé d’un magasin Costco et constituent l’ossature de Stronger.

Une certain manque de subtilité

Revers de la médaille : ce genre de film trébuche souvent sur l’écueil du pathos. Stronger ne faillit pas à la règle. Certes, sur le papier, Jake Gyllenhaal trouve là un rôle taillé pour la nomination aux Oscars. Mais ce n’est pas faire injure à son talent que de trouver qu’il surjoue un peu trop ce grand gamin mal dégrossi, déboussolé par ce qui lui arrive. Il faut dire que le film manque parfois singulièrement de subtilité.

Surtout un rescapé face à lui-même

Toutefois, certains passages sonnent juste, notamment ceux qui mettent en scène la petite amie tiraillée entre la culpabilité et l’exaspération. Quel rôle jouent les proches dans ce long cheminement qu’est la reconquête de l’autonomie de l’autre  ? Le couple résiste-t-il à l’épreuve du handicap ? Par moments, Stronger parvient à montrer ce que le handicap induit.

Il n’est plus alors question de héros, mais d’un rescapé face à lui-même. Face à l’éternelle alternative : se laisser couler ou décider d’aller de l’avant. Claudine Colozzi

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Un commentaire

  1. Ne soyons pas trop subtil ou analytique à l’égard du cinéma hollywodien, français ou espagnol. Héros, superhéros ne sont pas des AOC comme dans le vin. L’essentiel reste le témoignage pour témoigner, informer et sensibiliser. Beaucoup de personnes face à la maladie, le handicap sont des vaillants, combattants… en toute discrétion et sans se plaindre.

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