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Dans son livre, Sexualité et handicap mental, Lucie Nayak, docteure en sociologie, constate que la vie en institution oblige à se conformer à la norme : hétérosexualité et exclusivité.

Handicap mental en établissement : la sexualité oui, la norme aussi

Fini le tabou des relations sexuelles entre personnes ayant un handicap mental ? En établissement pour personnes avec une déficience intellectuelle, si les choses bougent peu à peu, elles restent cependant très cadrées. Un constat de la sociologue Lucie Nayak.

Les établissements médico-sociaux ne peuvent plus interdire les relations sexuelles en leur sein. La loi du 2 janvier 2002 du Code de l’action sociale et des familles leur impose même de respecter la vie privée et l’intimité de leurs usagers.

Ces dernières années, certains d’entre eux ont ainsi aménagé des chambres pour accueillir les couples. Ils ont aussi développé les groupes de parole sur la sexualité ou séances d’éducation à la sexualité. Le Centre de recherche et d’étude sur le droit à la vie sexuelle, par exemple, apprend aux professionnels à réagir à un baiser. Également à un projet de cohabitation des résidents ou un désir d’accompagnement sexuel.

Une sexualité soumise à des normes

Pourtant, vivre en institution limite encore beaucoup leur vie sexuelle les incite à se conformer à la norme : hétérosexualité, exclusivité. C’est ce que constate Lucie Nayak, docteure en sociologie, dans Sexualité et handicap mental (octobre 2017), le livre issu de sa thèse de doctorat.

Certains le vivraient comme un « îlot de normalité ». Mais la chercheuse estime qu’on leur en demande beaucoup plus, sans les laisser faire leurs expériences. « Un couple qui veut avoir une relation sexuelle doit par exemple en faire la demande à un éducateur. Souvent, les critères sont normatifs : ont-ils un réel engagement sentimental, depuis suffisamment longtemps ? »

Les femmes souvent jugées inaptes à la sexualité

Les femmes seraient, elles, parfois tiraillées entre les éducatrices les poussant à « se mettre en valeur », selon les codes d’une féminité exacerbée, et les parents, qui les en dissuaderaient, dans un objectif de protection.

Nombre d’entre elles n’auraient pas de relations sexuelles du tout, par peur de la grossesse et du VIH. Mais aussi parce qu’elles ont été abusées sexuellement ou sont très peu informées, « car elles ont été d’emblée jugées inaptes à la sexualité ». En tous cas, très peu deviennent mères, par crainte – pas toujours fondée – de la transmission d’une déficience ou de l’incapacité à élever un enfant. Sans toujours envisager toutes les possibilités du soutien à la parentalité. Résultat : « Le discours éducatif dominant est d’amener les personnes handicapées à abandonner le désir d’enfant quand il est exprimé. » Signalé par Élise Descamps

À lire sur liberation.fr, deux articles de Juliette Deborde : 

Lire aussi :Handicap mental et psychique, mieux vivre la sexualité

 

A propos de Elise Descamps

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Un commentaire

  1. Lamoureux nicole

    Bonjour, j ai vu une émission concernant le groupe percujan. J ai mon petit fils age de 18 ans en août 2018 et depuis l age de 6/7 ans apprend à jouer de la guitare au conservatoire de la rochelle. Ses parents ont essayé de lui de l intégrer dans un établissement scolaire normal jusqu a l age de 15/16 ans environ. Actuellement il essaie de s intégrer dans le monde adulte. En ce moment il apprend à peindre des plafonds mais ça n a pas trop l air de lui plaire. Par contre la guitare je Sais qu’ il aime. Et j aimerai savoir comment faire pour qu’ il.puisse intégrer votre groupe. Nous habitons tous sur la rochelle. Merci de me répondre. Bien à vous. Nicole lamoureux

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