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Selon l'Insee, le seuil de pauvreté s'établit à 1 026 euros par mois .

Rapport du Secours catholique : un quart des bénéficiaires de l’AAH sous le seuil de pauvreté

Selon l’Insee, le seuil de pauvreté s’établit à 1 026 euros par mois aujourd’hui. Jeudi 8 novembre, le Secours catholique a publié son rapport sur la pauvreté. En France, 26 % des bénéficiaires de l’AAH vivent avec moins de 1 000 euros par mois.

La pauvreté ne recule pas. En effet, cette année encore, le Secours catholique tire la sonnette d’alarme. Jeudi 8 novembre, l’association a publié son rapport sur l’état de la pauvreté en France en 2018. Un bilan rendu possible grâce à la participation des bénéficiaires de ses actions, avec plus de 86 000 fiches de renseignements remplies.

Le niveau de vie des ménages en baisse

Premier constat : le niveau de vie médian des ménages a baissé de six euros en un an. Il atteint désormais 540 euros. Ainsi, neuf ménages sur dix en lien avec une équipe locale du Secours catholique avaient un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Ce dernier est fixé à 60 % du revenu de vie médian. Selon l’Insee, il s’établit à 1 026 euros par mois en France.

Encore plus préoccupant, deux ménages sur trois affichaient un revenu inférieur à 40 % du revenu médian de la population (moins de 684 euros de revenus par mois).

Un système de protection sociale insatisfaisant pour l’invalidité ou le handicap

Une récente étude de la Drees a, de son côté, révélé que 15,80 % des personnes handicapées vivaient sous le seuil de pauvreté. Pour les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH), ce taux atteint même 26 %. En décembre 2017, 1 094 064 personnes percevaient cette allocation, passée à 860 euros par mois en novembre.

Inquiète des résultats de ce rapport, l’association a alors décidé d’aller plus loin. Elle a mené une enquête auprès de 3 000 personnes. Objectif : « Définir la base d’une protection sociale inclusive de tous et en particulier des plus fragiles. » Dans l’Union européenne, les dépenses de protection sociale atteignent en moyenne 28,7 % du PIB.

En 2014, c’était d’ailleurs en France que la part restait la plus élevée (34,3 %). Si l’efficacité du système de protection sociale est reconnue comme bon ou très bon dans le domaine de la famille ou de la santé, les résultats s’avèrent plus nuancés pour l’invalidité ou le handicap (23 % de jugement positif).

2 aidants sur 3 attendent un meilleur soutien de l’État

Les sondés ont également répondu sur des questions liées à la protection sociale. Parmi les difficultés rencontrées, ils dénoncent souvent un problème de reconnaissance ou de gestion du handicap. Incompréhension des questions, répondeur téléphonique payant, difficulté d’accès aux guichet : les embûches s’enchaînent.

Par ailleurs, une grande majorité estime que les aides (financières ou autres) apportées aux parents âgés ou malades et aux enfants handicapés devraient être reconnues par l’État. Concernant les aidants, « un tiers des Français déclarent qu’ils feraient en sorte de s’occuper de leur parent proche à son domicile s’il devenait dépendant », rapporte l’association.

Avant d’ajouter : « Deux aidants sur trois pensent qu’il revient à l’État et aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes. Huit aidants sur dix ont le sentiment de ne pas être suffisamment aidés. »

A propos de Johanna Amselem

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2 commentaire

  1. En les maintenant sous le seuil de pauvreté leur santé en souffre c’est bien connu
    on frôle la non assistance à personne en danger

  2. Bonjour,

    Je suis bénéficiaire de l’AAH avec une pension de 823€/m.
    La médecine n’a pas encore trouvé de quelle maladie je souffrais depuis cinq ans. Ils hésitent entre spondylarthrite ankilosante, Lyme ou encore une maladie rare dont on parlera dans quelques années. En attendant, mon état de santé se dégrade…
    J’ai décidé d’arrêter tous les examens et rendez-vous médicaux car je ne suis pas à 100% par la CPAM (puisqu’aucun nom est donné à mes maux) et je n’ai pas les moyens de payer un taxi. Sous morphine à haute dose, je ne peux pas conduire.

    Nous sommes considérés comme inutiles par l’état car nous ne participons pas à l’économie d’une part, et ils ont des préjugés étant ignorants…
    Ce qui est très peinant, c’est ce mépris ressenti à notre égard. Je ne parle pas seulement des personnes en AAH mais de ceux qui ont encore moins, de ceux qui ont le RSA, de ceux qui sont au chômage et qui ont perdu confiance…
    La misère est bien là et à tous les niveaux : financière, intellectuelle, religieuse etc…

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