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« J’ai montré le bas de ma prothèse, explique-Jean-Baptiste Alaize. Sans aucune raison valable, l’agent m’a alors demandé d’enlever mon pantalon. »

Nice : un athlète paralympique humilié et découragé de porter plainte à l’aéroport

Selon que le handicap est visible ou non, le passage de la sécurité dans les aéroports ou autres lieux protégés ne sera pas forcément le même. Athlète paralympique portant une prothèse, Jean-Baptiste Alaize en a fait l’amère expérience à Nice.

« Nous intervenons dans les entreprises azuréennes pour sensibiliser et former les professionnels à l’accueil de personnes en situation de handicap (…) mais pas encore à l’Aéroport Nice-Côte d’Azur. » C’est avec ce commentaire qu’APF France handicap des Alpes-Maritimes déplorait le 7 février la mésaventure de Jean-Baptiste Alaize.

Deux jours plus tôt, cet athlète paralympique, champion du monde de saut en longueur, subissait en effet un contrôle pour le moins surprenant. Et traumatisant. Comme chaque fois qu’il prend l’avion, sa prothèse tibiale fait sonner le portique de sécurité.

« Mais au lieu de me scanner et faire des empreintes comme d’habitude, l’agent de sécurité m’a fait aller dans une cabine. Là, j’ai montré le bas de ma prothèse, explique-t-il. Sans aucune raison valable, l’agent m’a alors demandé d’enlever mon pantalon. »

Un agent de sécurité un peu trop zélé

Jean-Baptiste Alaize s’exécute mais se sent humilié. De plus, le temps passe et il risque de rater son avion. Alors, il s’énerve. Le ton monte et l’agent de sécurité finit par appeler la police. Bien arrivé à Paris mais toujours choqué, Jean-Baptiste Alaize envisage de porter plainte.

« Je me suis fait confirmer que cet agent n’était pas dans son rôle. Quand il y a suspicion de transport de produits illicites, c’est à la police des frontières d’intervenir. Pas aux agents de sécurité », dit-il.

Pour le dépôt de plainte auprès de l’aéroport niçois, l’accueil ne va pas être non plus à la hauteur. L’athlète raconte que la police l’a fait attendre plus de trente minutes, lundi 11 février. Surtout, il relate sur son compte Twitter qu’on l’a découragé de porter plainte. « Votre affaire n’est pas grave. Le procureur va rire et il ne traitera pas votre dossier », lui aurait-on dit.

Handicap visible ou invisible : un traitement différent

« La problématique de l’aéroport et des portiques de sécurité dans les lieux protégés se pose pour beaucoup de personnes en situation de handicap, témoigne Antony Sorrento, directeur territorial des actions associations pour le Var et les Alpes-Maritimes à APF France handicap, qui a relayé l’info. Selon que le handicap est visible ou non. Certaines personnes en fauteuil électrique ont dit qu’elles passaient sans qu’on ne leur demande rien tandis que d’autres, avec une dispositif médical sur le corps, ne passent pas. » Sensibilisation et formation, oui. Lutte contre les discriminations, aussi.

Discriminés ? Réagissez !

Le bimestriel Faire Face dans son numéro de novembre/décembre 2018 a consacré un article à la question des discriminations. Expliquant qu’en cas de refus d’accès à un bien ou à un service en raison d’un handicap, il y a discrimination. Et qu’il existe des voies de recours, de la résolution à l’amiable à l’action en justice en passant par le Défenseur des droits.

A propos de Corinne Manoury

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4 commentaire

  1. Ayant une prothése metallique du genou, je bip à chaque fois… une des dernières fois l’agent de securité m’ayant demandé d’oter ma prothése, je lui ai montré mon genou et lui ai demander de chercher un bon couteau…..je suis alors passé.

  2. Les fauteuils électriques vont systématiquement en soute donc ne passent pas par les portiques de sécurité. Les personnes en fauteuil sont dechaussés mais jamais rechaussés et donc impossible de voyager seul!

  3. Il y a toujours la possibilité de passer le contrôle et de déposer une plainte directement au près du procureur de la république, de faire faire une main courante aussi dans la gendarmerie la plus proche et quitte à rater son avion s’adresser directement à l’APF et demander un avocat sur place, il ne faut pas laisser se genre de chose sans suite, une parce que comme le dit la personne c’est humiliant, secondo, parce que la procédure n’a pas été suivie, troisièmement et pas la moins importante, pour faire prendre conscience au dirigeant de l’aéroport qu’il faut informer leurs services de sécurité qu’en aucun cas ils n’ont le droit de procéder à une fouille, même si la personne soupçonnée est consentante, ceci n’a aucune valeur juridique en cas de fraude avéré

  4. Je comprends parfaitement votre désarroi .. IL FAUT PORTER PLAINTE !! – peut-être en vous faisant aider d’une association qui oeuvre pour les droits des personnes … Même si la police vous décourage.. C’est dommage, mais nécessaire. Pour qu’enfin les personnes et les procédures soient respectées ! Si le procureur l’est vraiment, est intelligent et mérite son poste, il ne DOIT PAS RIRE mais faire son boulot ! Sinon il choisit de faire un métier plus ordinaire. Celui qui rit est un idiot. Le respect des personnes est indispensable PARTOUT ! Et il ne faut pas hésiter à l’exiger sinon rien ne changera jamais..

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