« Je préfère ne pas penser au déconfinement. »

Publié le 28 avril 2020 par Élise Descamps
Après plus d'un mois et demi sans sortir de son foyer de vie, Aurélien garde le moral.

Durant la période de confinement, Faire-face.fr recueille chaque semaine les impressions de deux personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, J+42 pour Aurélien Bascop, vivant en foyer de vie à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Dans l’attente des annonces précises sur l’après, il continue de s’occuper sans difficulté.

Fidèle des allocutions télévisées du président de la République et du premier ministre, Aurélien Bascop n’a pas manqué ce mardi à 15h l‘intervention d’Édouard Philippe devant l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement présentait en détails le plan de déconfinement du gouvernement dans les écoles, commerces, entreprises, et en matière de rassemblements.

« Je ne sais pas sur quoi je vais repartir. »

Trentenaire atteint d’infirmité motrice cérébrale, habitant un foyer de vie APF France handicap à Saint-Quentin (Aisne), Aurélien se dit déçu. « Beaucoup de blabla, des annonces que l’on connaissait déjà, mais pas assez de détails concrets. Sur les dates d’ouverture des restaurants, les conditions des sorties collectives. Pour ma vie à moi, je ne sais toujours pas sur quoi je vais repartir. »

Aurélien le flegmatique commence aussi à s’agacer de directives qu’il juge contradictoires : « On autorise certains parcs mais pas tous, les écoles mais pas le sport. Il faut savoir ! Je suis sûr qu’on ne sera pas déconfinés le 11 mai. »

La météo plus grise

Avec la météo grise pour au moins une semaine, il s’était déjà mis en tête de miser sur les occupations d’intérieur. « On ne va quand-même pas se plaindre. Il y aura eu du soleil pendant les trois quarts du confinement. »

Il avait même anticipé le week-end dernier avec une furie ménagère. « Je n’avais pas rangé mon bureau depuis au moins trois mois. Les papiers en tout genre s’accumulaient. J’ai rempli deux sacs poubelle ! »

Davantage d’occupations intérieures à prévoir

Parmi les occupations auxquelles il s’adonne dans sa chambre : le soutien à l’enregistrement quotidien d’émissions de radio pour une radio locale, les coups de téléphone à des adhérents APF France handicap, et la musique.

En temps normal, il joue trois à quatre fois par an dans un groupe de variété, aux percussions : tambourin, clochette, maracas… « Cela m’aide bien les rares fois où je suis énervé. Hier, j’en ai fait avec une chanson de Patrick Bruel au casque. Mais là, vraiment pour le plaisir. »

Une chose est sûre : une de ses premières sorties sera au snack situé à proximité du foyer.

Retrouvez la suite du journal du confinement d’Aurélien mardi 5 mai.

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