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Nicolas Nordman : « Construire 100 % de logements accessibles ne coûtera pas plus cher puisque c'est déjà le cas aujourd'hui, comme la loi l'impose. » © Frédéric Delangle

« Paris continuera à construire 100 % de logements sociaux neufs accessibles. »

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé que sa ville continuera à respecter l’objectif de 100 % de logements sociaux accessibles. Quand bien même l’Assemblée nationale a adopté, début juin, un article de la loi Élan visant à abaisser de 100 à 10 % le quota d’appartements accessibles dans les immeubles neufs. Interview de Nicolas Nordman, son adjoint en charge du handicap.

Faire-face.fr : Pourquoi Paris va-t-elle s’imposer une obligation plus contraignante que celle prévue par la loi Élan, si cette dernière est définitivement adoptée en l’état ?

©Henri Garat/Mairie de Paris

Nicolas Nordman : Faire passer de 100 % à 10 % la part des logements accessibles constituerait un grave recul. C’est contraire au principe d’accessibilité universelle, posé par la loi de février 2005. Et cette remise en cause dans le logement laisse craindre qu’il pourrait l’être aussi dans d’autres secteurs.

La ville de Paris a adopté, en 2017, sa nouvelle stratégie Handicap, inclusion et accessibilité universelle. Elle vise notamment à rendre la ville accessible dans toutes ses dimensions. Anne Hidalgo a donc pris la décision que Paris continuera à construire 100 % de logements sociaux neufs accessibles (*). Et cela, pendant toute la durée de sa mandature. C’est une décision forte, politiquement et symboliquement.

« Nous pouvons faire respecter cet objectif de 100 % à tous les bailleurs sociaux . »

F.F : Comment la maire de Paris peut-elle concrètement imposer cette mesure aux bailleurs sociaux ?

N.N : Paris Habitat, le plus gros bailleur social de la ville, est un organisme public d’habitat qui lui appartient à 100 %. Et elle est actionnaire majoritaire de RIVP, le deuxième plus important, et d’Elogie-Siemp le troisième. À eux trois, Paris Habitat, RIVP et Elogie-Siemp représentent les deux tiers des logements sociaux.

Quant aux autres, la ville cofinance leurs programmes. Nous pouvons donc faire respecter cet objectif de 100 % à tous les bailleurs sociaux sur tous les nouveaux projets qui seront lancés d’ici la fin de notre mandature. Chaque année, ils construisent 7 500 logements sociaux.

« La collectivité doit accepter le prix à payer pour bâtir une société inclusive. »

F.F : Atteindre cet objectif représente-t-il un coût financier ?

N.N : Cela ne coûtera pas plus cher qu’aujourd’hui, puisque 100 % des logements sociaux sont déjà accessibles, comme la loi l’impose. Et je ne suis pas sûr que construire accessible représente un surcoût. Même si c’était le cas, la collectivité doit accepter le prix à payer pour bâtir une société inclusive.

L’article 18 de la loi Élan contient une bonne dose d’hypocrisie. Adapter les logements évolutifs, comme il le prévoit, aura bien un coût. Qui l’assumera ? Cela serait quand même totalement scandaleux de le laisser à la charge des personnes en situation de handicap.

(*) En réalité, la loi n’impose pas que 100 % des logements soient accessibles, mais uniquement ceux situés au rez-de-chaussée ainsi que tous les appartements des immeubles équipés d’un ascenseur. Cela représente environ 40 % du parc construit chaque année.

 

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2 commentaire

  1. Il serait souhaitable que le maintien à 100 % soit suivi par tous les bailleurs sociaux afin de lutter contre cette loi indigne et discriminatoire et au-delà par tous les investisseurs immobiliers afin de faciliter l’inclusion des handicapés sinon quel propriétaire d’un logement dit évolutif voudra louer à un handicapé. Quel propriétaire voudra supporter les frais des travaux liés à l’adaptation à l’handicap. Cette loi va être un frein à l’attribution d’un logement aux handicapés.
    Le monde de l’handicap n’avait pas besoin d’une telle mesure quand on constate que la loi de 2005 n’est toujours pas appliquée par bon nombre d’établissement recevant du public et cela 12 ans après son vote. Quid des sanctions prévues.
    La France a une attitude discriminatoire vis à vis des handicapés.

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