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Les escaliers des prochaines rames de RER en Ile-de-France seront moins facilement franchissables. Objectif : gagner de l'espace et, donc, offrir davantage de places assises. © Frédéric de Villamil

Quelques millimètres de plus dans le RER, un nouveau recul pour l’accessibilité

Un récent arrêté va rendre moins praticables les escaliers des futures rames de RER. Un revers supplémentaire pour l’accessibilité universelle.

Ce n’est pas une réforme de grande ampleur. Juste une histoire de millimètres. Les millions de passagers qui empruntent quotidiennement les lignes du RER en Île-de-France risquent de ne même pas s’en apercevoir. Mais l’arrêté publié au Journal officiel le 1er janvier 2019 est symbolique de ces petits arrangements avec le principe d’accessibilité universelle.

Dérogation dans les RER

Dans les nouveaux RER, les marches seront moins profondes et plus hautes.

Ce texte instaure une dérogation au précédent arrêté, datant de 2009. Celui-ci imposait que dans les métros, tramways ou RER, les marches des escaliers intérieurs, dans les wagons à deux étages, respectent certaines dimensions : une hauteur maximale de 15 à 20 cm ; une profondeur minimale de 28 cm. Objectif : assurer le confort des utilisateurs.

Désormais, la hauteur maximale pourra monter à 20,8 cm. Et la profondeur minimale est abaissée à 21,5 cm. Uniquement dans les RER, précise l’arrêté.

Moins de confort d’usage pour plus de places

Pourquoi ? Parce que de nouvelles rames vont être construites et livrées à partir de 2025. Avec la volonté du constructeur de maximiser le nombre de places assises. En réduisant la profondeur des marches et en augmentant leur hauteur, il va diminuer l’encombrement de l’escalier. Donc gagner de l’espace pour installer six à huit sièges de plus, promet-il.

Conséquence : il va aussi réduire le confort d’usage. Les marches seront moins facilement franchissables par des personnes ayant des difficultés à se déplacer.

« Régressions législatives et réglementaires » récurrentes

« Il semble que l’accessibilité soit toujours perçue telle une contrainte, souligne le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) dans un avis, défavorable sur le projet d’arrêté, rendu en septembre 2018. Depuis quelques années, les régressions législatives et réglementaires demeurent une tendance récurrente qui illustre la méconnaissance profonde du sujet. »

Contraire à la Convention de l’Onu

Le CNCPH rappelle au gouvernement que la France a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Ce faisant, elle s’est engagée à « encourager (…) le développement (…) d’équipements de conception universelle ». C’est-à-dire qui puissent être utilisés par tous.

Ce recul sur les escaliers du RER porte certes moins à conséquence que la loi Élan. Le texte adopté par le parlement en octobre dernier abaisse de 100 à 20 % la part de logements totalement accessibles dans les immeubles neufs. Mais il contribue, à sa manière, à détricoter les acquis de la loi… et à faire reculer les mentalités.

A propos de Franck Seuret

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4 commentaire

  1. Il y a une erreur dans le commentaire de la photo avec les marches du RER; il faut écrire  » les marches seront moins profondes et plus hautes »!

  2. Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’il s’agit de l’escalier pour monteer à l’étage dans ces rames. Ce sont donc les personnes non pas en fauteuil mais avec des difficultés de marche qui peuvent (peut être?) être gênées. A une prochain e ballade à Paris je vérifie.

  3. Et voilà, ça continue.
    Envolés les droits acquis
    Quelle France

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