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Dans son livre, Nicolas Lacambre a voulu montrer ce qu’il avait perdu et gagné dans son accident. « Si cette traversée peut aider, ne serait-ce qu'à une seule personne, j'en serais heureux. »

Nicolas Lacambre : « Pascal Obispo m’a sauvé la vie. »

Victime d’un grave accident de la route le 26 février 2008, Nicolas Lacambre a été secouru par Pascal Obispo. Dans On n’est pas seul sur la Terre, un livre-témoignage qui sort aujourd’hui (Ed. Flammarion), il raconte comment il a repris goût à la vie malgré son lourd handicap. Une renaissance due en partie à l’amitié qui le lie au chanteur.

Faire-face.fr : On vous a découvert il y a quelques mois dans le clip de Pascal Obispo On n’est pas seul sur la Terre. Aujourd’hui, vous sortez un livre éponyme. Qui vous a convaincu de raconter votre histoire ?

Nicolas Lacambre : Pascal Obispo lui-même ! En 2016, il m’a dit qu’il aimerait évoquer mon accident. Il faut dire que nous n’en avions jamais reparlé, sans doute par pudeur. Il avait le projet d’écrire une chanson et avait besoin que je l’aide. Et souhaitait recueillir mon ressenti.

Nous avons échangé. Je lui ai envoyé un texte. À la lecture, il a été très touché. Il m’a encouragé à me lancer dans l’écriture d’un livre.

Un livre pour tous ceux qui traversent des épreuves

F-f.fr  : À qui s’adresse On n’est pas seul sur la Terre ?

N.L : À tous ceux qui traversent des moments difficiles, des épreuves de vie. J’ai voulu montrer ce que j’ai réellement perdu, et ce que j’ai gagné qui est inestimable à mes yeux. Si cette traversée dans la difficulté et l’émerveillement peut aider, ne serait-ce qu’à une seule personne, j’en serais heureux.

F-f.fr  : Quelle est la nature du lien qui vous unit à Pascal Obispo ?

N.L : Je lui dois la vie. Le 26 février 2008, sur une route de Gironde, je circulais en mobylette. Une voiture m’a percuté et m’a laissé pour mort. Pascal Obispo, témoin de l’accident, a appelé les secours et m’a mis hors de danger. À l’arrivée des pompiers, il s’est éclipsé. Ce sont eux qui m’ont révélé le nom de mon sauveur.

C’est à l’occasion d’un match des Girondins de Bordeaux que les deux hommes se sont rencontrés 18 mois après l’accident.

Nous nous sommes rencontrés dix-huit mois plus tard. Un peu par hasard à l’occasion d’un match des Girondins de Bordeaux. Nous avons commencé à échanger des SMS, des mails. Une amitié sincère nous lie.

« Mon moteur, c’est de m’investir auprès des autres. »

F-f.fr  : Vous avez perdu une jambe et un bras dans cet accident. Vous ne remarchez vraiment que depuis trois ans. Comment vous sentez-vous par rapport à votre handicap ?

N.L : J’ai la chance d’être en vie, d’être autonome. J’ai pu voir grandir ma fille qui était toute petite lors de l’accident. C’est le plus important pour moi. Mon moteur, c’est de m’investir auprès des autres, de faire grandir cette chaîne de solidarité qui s’est formée autour de moi après le geste de Pascal Obispo.

J’ai notamment créé l’association Handy fan club en avril 2012. Objectif ? Permettre à tous les handicapés supporters de l’équipe de football des Girondins de Bordeaux de participer au match. Parfois je n’arrive pas faire les choses. Mais je ne mets jamais cette impossibilité sur le compte du handicap. Si un problème du quotidien survient je ne dramatise pas, il existe sûrement une solution.

F-f.fr  : Vous évoquez le regard des autres dont souffrent souvent les personnes en situation de handicap et leurs proches. Comment avez-vous appris à vous en détacher ?

N.L : Même si on n’y prête pas attention, on est obligé de le voir. Dans une journée, on peut être confronté à un passager qui nous fixe et qui baisse la tête dès que vous le regardez. J’essaie de faire abstraction.

Ma fille a été marquée par les réactions de certaines personnes. Mais elle a toujours été souriante comme si elle ne faisait pas attention à ce type de comportements négatifs. Elle a toujours fait preuve d’une grande maturité dans sa façon d’appréhender le handicap. Elle est mon plus grand bonheur.

A propos de Claudine Colozzi

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2 commentaire

  1. Marie France Guisseau

    Bonjour, nous sortons du concert de Pascal Obispo, très touchés par la chanson qui vous est dédiée.
    Dans les prochains jours je vais me procurer votre livre.
    Bon courage à vous
    Marie France et Philippe

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