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L'assistance sexuelle aux personnes handicapées peut prendre des formes variées et ne se limite pas aux rapports sexuels. ©Bru-nO

Sophie Cluzel relance le débat sur l’assistance sexuelle aux personnes handicapées

La secrétaire d’État a saisi le Comité consultatif national d’éthique. Elle lui demande de rendre un avis sur l’assistance sexuelle aux personnes handicapées. En 2012, il s’était déclaré défavorable à la création de services assurés par des professionnels.

Le serpent de mer de l’assistance sexuelle aux personnes handicapées refait surface. Sophie Cluzel, la secrétaire d’État, vient de saisir le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Le Journal du dimanche (JDD) a dévoilé des extraits du courrier dans son édition du 9 février.

Souffrances, dilemmes et abus

« Les souffrances rencontrées par les personnes en situation de handicap, les dilemmes éthiques auxquels sont confrontés les familles, les positions de faiblesse vécues par des personnes handicapées propices à des violences et abus subis doivent inciter la société à approfondir la réflexion », écrit-elle au CCNE.

Sophie Cluzel favorable à l’accompagnement à la vie affective et sexuelle

Sophie Cluzel a confirmé cette saisine, dimanche 9 février sur Europe 1. Elle s’est dit « très favorable à ce qu’on puisse accompagner cette vie intime, affective et sexuelle ». « L’enjeu de la façon dont je mène ma politique, c’est de remettre les personnes handicapées en pleine citoyenneté dans le respect et dans la dignité. (…) C’est aussi le droit à une vie intime, affective et sexuelle », a-t-elle justifié.

Référence au « principe de non utilisation marchande du corps humain » pour le CCNE

En 2011, Roselyne Bachelot, alors ministre en charge des personnes handicapées, avait déjà saisi le CCNE. Et en septembre 2012, ce dernier s’était dit défavorable à la création de services d’assistance sexuelle. « Le CCNE ne peut discerner quelque devoir et obligation de la part de la collectivité ou des individus en dehors de la facilitation des rencontres et de la vie sociale », notait-il alors.

Entre autres, parce qu’« il n’est pas possible de faire de l’aide sexuelle une situation professionnelle comme les autres en raison du principe de non utilisation marchande du corps humain ». Faire-face.fr avait alors analysé cet « avis défavorable et à charge ».

« La société a mûri », estime Sophie Cluzel

Sophie Cluzel, sur le plateau d’Europe 1, dimanche 9 février.

Pour Sophie Cluzel, saisir à nouveau le CCNE, maintenant, est légitime. « Dix ans après, presque, la société a mûri », assure-t-elle au micro d’Europe 1.

Dans les colonnes du JDD, l’actuel président du CCNE, Jean-François Delfraissy estime également que « la société française évolue et le regard posé sur le handicap aussi ». Ce qui ne préjuge en rien de l’issue des travaux. « La question posée est celle du droit qui ne doit pas aller à l’encontre de la non-commercialisation des corps », prévient-il déjà.

Une mesure de diversion ?

Les esprits les plus chagrins verront dans cette annonce une simple manœuvre. Une mesure de diversion à l’heure où le torchon brûle sur la question des ressources des personnes handicapées. La semaine dernière, quatre associations ont en effet claqué la porte de la concertation sur le revenu universel d’activité. APF France handicap appelle à une journée de mobilisation, contre l’intégration de l’AAH dans le RUA, le 5 mars.

Et dans une tribune publiée dans le JDD du 9 février, le Collectif handicaps « tape du poing sur la table » pour que le gouvernement respecte les droits des personnes handicapées.

Un financement dans le cadre de la PCH ? 

Le comité devrait vraisemblablement rendre ses conclusions en 2021. Dans l’hypothèse où son avis serait favorable, le gouvernement devrait alors faire évoluer la réglementation, comme Faire-face.fr l’avait expliqué dans un article détaillé faisant le point sur l’état du droit. Et le débat promet d’être animé car la création de services d’assistance sexuelle est loin de faire l’unanimité. Y compris parmi les personnes handicapées.

Il faudra également prévoir le financement de ces services. Dans le cadre de la prestation de compensation du handicap ? Le serpent de mer sans doute encore plusieurs années devant lui.

A propos de Franck Seuret

Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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10 commentaire

  1. Bonjour; je suis défavorable a ce que l’on appelle » l’assistance sexuelle affective aux personnes en situations d’handicaps » il me semble que le rôle de l’état n’est pas d’agir en temps intervenant intrusif de la vie privé des personnes en situations d’handicaps tel qui soient cela resemble à du  » proxénétisme assisté » il faut s’y prendre autrement l’intimité de la personne en situation d’handicap est très délicate ; je ne dis pas que cela doit rester tabou mais cependant il me semble que cette affaire n’est pas aussi simple que ça au delà de l’éthique moral ce posent bien plus de questionnements et d’interrogations concernant ce sujet qui faut traiter de manières non circonspect il y effectivement je trouve une forme d’approche ambiguë qui ne veut pas dire son véritable nom! « Mal nommer les choses c’est ajouté au malheur du monde!  » ( Albert Camus- sujet du Bac en Philo ) ce qui fait débat !

    • Je trouve cela completement dingue laissez les personnes handicaper en couple aulieus de leurs suprimer leur droit a cause des revenu du conjoint…e il u auras moin de gent malhereux sous toute forme qui etes vous pour nous suprimer nos drois et comment ne pas avoir drois a l ‘amour et vous qui n’etes pas handicapee si une loi vous imposait a ne pas vivre en couple que dirier vous il n’ua que du mepris en marche devrais plus pensser au bonheur des handicapee que de led sanctionner merci mne cluset laisser nous nous marier on a nous aussi drois au bauheur sans que vous suprimer notre aah c’est nous qui somme handicapee pas le ou la cojointe trop cest trop ont droit a rien

    • Bonjour à vous. Je pense que vous devriez laisser les personnes en situation de handicap décider s’ils veulent ou non un accompagnement dans leur vie privée et intime. En décidant pour eux, d’accord ou pas d’accord, c’est par conséquent vous qui vous y immiscez. Quand bien même ce n’est pas votre souhait initial j’entends bien.

  2. Bjr à toutes et tous, c’est honteux de voir des choses pareille en 2020. Quand certains directeurs ou présidents touchent des sommes astronomiques et parachute doré. Ont chipote pour 4,oo€ C’est vraiment dégueulasse. Ils n’y a rien de juste..
    Comme disait un certain Calimero
     » c’est trop injuste »… Bk

  3. Desoler pour les fautes d’orthographe led touches font trop de fautes

  4. Véronique ERHARDT

    La plupart des jeunes handicapées ne sont pas forcement demandeurs de relations sexuelles. Par contre, ils ont infiniment besoin de tendresse, d’écoute, et de respect de la part de ceux et celles qui les entourent. Des professionnels pour s’occuper de ça…il risque d’y avoir beaucoup de débordements….

  5. je suis surpris par les témoignages de certaines personnes Bien sur la plupart des Jeunes handicapés sont demandeurs de sexualité car c’est naturel et on connaît trop bien les personnes valides sans sexualité qui sont malheureuses Il faut les écouter s’ils veulent en parler sinon les aider à avoir des relations sexuelles

  6. Malgré un handicap, nous pouvons avoir le droit à un vie de couple, où l’affection et les « calins » vont souvent de paire.
    Les psychologues et autre docteurs sont plutôt d’accord la dessus.

  7. Difficile de trancher entre principe de non-utilisation marchande du corps humain et droit pour les personnes handicapées d’accéder à un semblant de sexualité. Un semblant, parce que la sexualité implique l’affectif, nécessairement absent dans un rapport purement physique. Deux morales s’affrontent donc, au-delà de la difficile question du financement de cette mesure vouée à rester hypothétique encore quelque temps, et d’une autre question non évoquée ici, qui est celle de la pluralité et des handicaps et des sexualités : les handicaps psychiques sont-ils aussi concernés ? Quid des homosexuel.le.s, bisexuel.le.s, non-binaires et transgenres ?
    Par rapport à nous, les suisses ont pris un train d’avance, ce qui est a priori surprenant pour un pays de culture protestante. Il existe des formules d’aides sexuelles aux personnes handicapées, selon des modalités différentes de ce qu’on pourrait concevoir en France.
    Notre modèle étatique et moraliste se pose une fois encore en écueil face aux exigences du réel, laissant libre cours aux « offres » clandestines et par là, à la mise hors-la-loi des personnes recourant à ces « services ». Est-ce mieux ?

  8. 1- la définition de la prostitution en france est relative à la marchandisation du corps de la femme MAIS, rien n’interdit à un homme de proposer à une femme une somme d’argent en contrepartie d’un service. Cela n’est pas considéré comme une rémunération et donc pas comme un acte d’achat. On peut dire que c’est un échange de bons procédés. Un duo gagnant-gagnant. Hors, il est pas franchement PAS évident (je suis un homme) de proposer une telle chose (il me semble!). Suis- je dans l’erreur?
    2- les femmes n’ont pas le droit de proposer leurs services ouvertement, c’est de la publicité. Et l’homme est dans ce cas considéré comme un client par la loi et donc coupable —->amende.

    Je suis dans une situation analogue je dirais (j’ai une RQTH mais mon handicap est reconnu à un taux inférieur à 80%). Je peux vous dire que des personnes considérées comme moins valide que moi ont traversées des épreuves avec moins de souffrance et moins de peines. Personnellement, ma vie affective n’existe plus depuis mes 20 ans. J’ai fais une rencontre à mes 24 ans mais cela s’est rapidement terminé. Et pour cause…ma situation personnelle c’était quelque chose. A partir de là, plus de solutions. Plus aucune. La chance aura tournée (je dirais). A 32 ans, je décide de ne plus me laisser abattre (le mot est juste). Grâce à la prostitution, dans un pays où c’est légal, j’ai eu un semblant de plaisir et d’amour propre. J’ai repris goût à la vie. Cela n’a pas été facile. Mais j’ai surmonté les épreuves avec plus de facilité. Je dois dire que je n’avais pas d’avis tranché sur la chose. Et que je n’en n’ai pas un forcément. Je crois qu’on a le droit d’oublier, parfois. Et je n dis certainement pas que c’est un mal pour un bien. Je considère que mon droit c’est d’avantage que mon comportement ou que mon jugement. J’ai gardé un contact avec une ou deux filles que j’ai payées. J’ai vu cela comme un dialogue, un échange mutuel. Je ne crois pas au bout du compte avoir agit de façon malhonnête. Très sérieusement, avoir eu quelques expériences nouvelles au cours d’une année après 10 ans de malheur, je ne peux pas dire que ce soit autre chose qu’une libération. Je ne dis pas que je suis enthousiaste à l’idée d’avoir fait ce que j’ai fait. Je dis que oui, c’est personnel et que non, ce n’est pas un tort. Et je peux vous dire que l’argent que j’ai déboursé c’était des économies et que si les filles ont acceptées c’est parce que ça paye très bien, nous en avons discutés longuement.

    Appelez ça comme vous voudrez…

    Maintenant je pense que les choses peuvent évoluer. Un oui peut être un oui sous condition mais a contrario un non, ça signifie aucune nouvelle garantie donnée. Et pour que les choses s’améliorent il faut faire de nouvelles tentatives pour modifier les comportements et que le quotidien change. De même que les jugements. C’est une affaire de mentalité et d’incompatibilité. Mon humeur à moi, c’est mon problème. J’en suis conscient et personne ne pourra m’atteindre dans mes retranchements. Alors oui, ça aide parfois d’être accompagné. Et si c’est médicalement, pas le choix. Socialement, ok. Professionnellement, super. Sexuellement, à chacun de savoir. Peut être la réponse est…temporairement, pourquoi pas. La solution qui conviendra à tous n’existe pas quoi qu’il en soit, mais des essais peuvent être concluant, pour une partie du moins.

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