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Jean Castex, le premier ministre, a réuni 18 ministres et secrétaires d'État pour cet exercice de communication qu'est un comité interministériel du handicap.

Le comité interministériel du handicap repasse les plats

Un comité interministériel du handicap sert rarement à faire de grandes annonces. Celui qui se tient ce lundi 16 novembre n’échappe pas à la règle. Le dispositif d’aide à l’embauche d’un travailleur handicapé est prolongé de quatre mois. Et la PCH parentalité entrera en vigueur début janvier.

Même en temps de crise sanitaire, le handicap reste une priorité du quinquennat. Voilà, pour faire simple, le message que le gouvernement a voulu faire passer en organisant un comité interministériel du handicap, ce lundi 16 novembre. « Nous en sommes conscients, certains chantiers nécessiteront plus de temps que prévu », préviennent toutefois Jean Castex, le premier ministre, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

Pour le reste, pas de grandes nouveautés. À quelques exceptions près, les mesures avaient déjà été annoncées, lors de la conférence nationale du handicap de février, notamment, ou de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le CIH a cependant permis de préciser le calendrier. D’engager quelques chantiers. Et de réitérer des engagements qui auraient pu sembler oubliés.

Emploi : la prime à l’embauche allongée

Depuis le 1er septembre, un employeur qui recrute une personne reconnue handicapée touche une prime de 4 000 € maximum. Ce dispositif devait s’arrêter en février 2021. Il sera prolongé jusque fin juin. Le secrétariat d’État, sollicité par faire-face.fr, n’a pu préciser si l’allongement du délai s’accompagnait d’une rallonge budgétaire de l’enveloppe initiale de 100 millions d’euros.

Par ailleurs, Sophie Cluzel promet que les arbitrages sur le cumul de l’allocation adulte handicapé (AAH) et d’un emploi à temps partiel interviendront durant le premier semestre 2021. Lors de la conférence nationale du handicap, le gouvernement s’était engagé à revoir le mode de calcul, jusqu’à 17,5 heures. Pour favoriser le retour à l’emploi.

Enfin, l’enveloppe consacrée à l’emploi accompagné va passer de 15 millions d’euros à 30 millions en 2021. Puis à 45 M€ en 2022. Ce qui permettra alors d’accompagner 6 000 personnes.

Compensation du handicap : la PCH pour les parents

En janvier 2021, la prestation de compensation du handicap va évoluer. Elle couvrira les besoins en aide humaine de 17 000 parents en situation de handicap. Jusqu’aux 7 ans de l’enfant. Et très partiellement seulement, car les temps d’aide accordés sont limités et plafonnés. Faire-face.fr détaille le dispositif dans cet autre article.

De plus, l’aide à l’alimentation intégrera désormais le temps nécessaire à la préparation du repas et à la vaisselle. Ce qui n’était pas explicitement le cas, jusqu’alors.

Et la limite d’âge de 75 ans pour demander cette prestation va enfin sauter pour les personnes qui remplissaient les conditions avant 60 ans. Le Parlement a adopté la loi en février. Le décret sortira dans les semaines qui viennent.

Habitat inclusif : une aide individuelle

Pour favoriser le développement de l’habitat inclusif, le gouvernement va créer une aide à la vie partagée. Toute personne en situation de handicap vivant dans un logement partagé conventionné y aura droit. Cette aide servira à financer les heures de coordination qu’exige ce type d’hébergement. Lorsque le gestionnaire de celui-ci ne bénéficie pas déjà d’un forfait pour l’habitat inclusif.

L’aide à la vie partagée sera complémentaire aux heures d’aide humaine, couvertes par la PCH. La mesure figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, en débat parlementaire. Une enveloppe de 20 millions d’euros permettra de financer environ 500 projets de cinq à dix logements.

Deux expérimentations à venir

  La première visera à renforcer l’évaluation des besoins en aides techniques des personnes, comme préconisé dans un récent rapport. De plus, le gouvernement va ouvrir le droit de prescription aux ergothérapeutes.

– La seconde concerne l’accès aux soins. Aujourd’hui, les établissements financent les soins de ville de leurs résidents. Demain, sur certains territoires pilotes, c’est l’Assurance maladie qui prendra en charge les consultations chez les médecins, les examens biologiques… Comme pour tout assuré.

A propos de Franck Seuret

Franck Seuret
Journaliste éco-social et documentariste. Spécialiste de la politique sociale du handicap.

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6 commentaire

  1. Avatar

    ————————————————————————-
    Et le passage au Sénat de la fin de la prise en compte des revenus du conjoint pour l’AAH ? Poubelle ??? :-(((
    Sans compter bien d’autres revendications, comme la revalorisation de l’AAH, ou la fin de la limite d’age pour toucher l’AAH quelque soit le pourcentage de handicap, et bien d’autres encore…. essentielles !!!
    Ah… quand il faut donner du pognon aux milliardaires et aux grands patrons, là ça n’attend pas…
    Vraiment une foutu bande de crapules !!!

    S’il vous plait, les associations ad-hoc, vous pourriez faire, au moins un peu, usage du pouvoir de révolte que permettent vos structures ???

    Copello
    —————————————————————————————-

    • Avatar

      Bonjour, une pétition circule en ce sens sur le site petitionsenat. Pour que le sénat valide enfin la loi sur la dissociation du revenu du conjoint. Il faut la faire circuler le + possible!!

  2. Avatar

    Bonjour ! Et sinon, pour les masques ? Je travaille en tant qu’AESH ou le port du masque est obligatoire dans toutes l’école. On fait comme tout le monde même en classe ULIS hein…

    Dans ma commune de plus de 5000 habitants, le masque est obligatoire partout. Je suis en fauteuil roulant et les sorties scolaires à pieds, deviennent un enfer pour monter les cotes masqué…

    J’ai lu quelque part que l’on pouvait avoir une dispense via une attestation médical en tant que PH.
    Hors, il se passe que mon médecin m’informe que l’Ordre de Médecins ne préconise cette dispense…

    J’adore mon boulot car je passe à mes élèves une autre image d’eux même en jouant de mon handicap et du leur, mais là, ça devient très difficile de leur montrer une belle image de l’intégration du handicap….

    Cela fait 15 ans que je fais ce job, et il devient de plus en plus difficile. Encore 3 ans à faire mais pas sûr de tenir jusqu’au bout.

    Cordialement.

    Nordine Khadri

  3. Avatar

    Et la prise en compte de l aah sur les revenus du conjoint pas de nouvelles…quelle honte on a des associations qui s en foutent finalement…le plus urgent à été ignoré…on parle des enfants mais n oubliez pas que ces enfants vont grandir et sûrement un jour se mettre en couple …alors c est ça leur avenir…très déçu de tout ça

  4. Avatar

    bonjour à toutes et à tous
    je suis en ALD , handicapée 80% avec macaron et besoin d’accompagnement,
    invalidité de 480E et AAh de 80e par rapport à mon conjoint ,non imposable!!
    comment fais- t -on pour subvenir à mes besoins personnels de tous les jours
    Déjà la maladie
    ne pas pouvoir travailler
    être handicapée!!
    Mais personne n’est à l’abri d’y être!!!
    je suis pour l’individualisation de AAH ne plus tenir compte des ressources du conjoint.
    Je souhaite que la loi va passer.
    SINON NOUS SOMMES LES OUBLIES HANDICAPES EN COUPLE!!
    cordialement
    Fleura

  5. Avatar

    C FAIT EXPRÈS ILS VOTERONT JAMAIS CETTE LOI AHH REVENU DU CONJOINT DEPUIS FÉVRIER A L’ASSEMBLÉE DONC ON CONTINUE A NOUS PRENDRE POUR DES JAMBONS JE NE DIRAIS PAS AFFAIRE A SUIVRE MAIS AFFAIRE CLASSÉE

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